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 » Trouve moi un titre ! [PV KIMITSU]

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► Etudes/Emploi : Intermittent du spectacle.
► Personnage sur l'avatar : Ishida Mitsunari ▬ Sengoku Basara

MessageSujet: » Trouve moi un titre ! [PV KIMITSU]   Lun 30 Juil - 15:06

Il y avait des jours avec et des jours sans. Et aujourd’hui….
Il soupira, levant enfin le nez des volutes brunes parsemant son café noir. Sur le désordre de la table devant lui, des feuilles vierges et d’autres gribouillées. Ce n’était pas qu’il s’ennuyait, mais… Si. Il s’ennuyait. Un nouveau soupir lui échappa tandis qu’il levait le nez vers le plafond. Venir ici lui avait semblé être une solution idéale : trouver un endroit calme, tranquille, histoire de se poser un peu quelque part, prendre un peu son temps et vivre « normalement » quelques mois, sans bourlinguer n’importe où. Et Ziegler-Johnson, pension de son état, lui avait semblé être l’endroit parfait pour cela : un loyer plus que séduisant, des locataires plutôt aimables de ce qu’il en avait vu jusque–là, une ville située assez loin pour ne pas être réveillé par les va-et-vient incessants des voitures à cinq heures du matin et pourtant assez proche pour que le trajet pour s’y rendre ne soit pas un calvaire. Même cette petite ville avait un charme tout à fait particulier : il y trouvait suffisamment d’offres d’emplois – au noir ou pas – pour pouvoir subvenir à ses besoins, des coins sympathiques comme tout où il pouvait se poser une heure ou deux à gratter un peu sa guitare – et il ne crachait pas sur les quelques pièces que cela lui rapportait parfois, même si une partie de lui-même, dotée de plus de fierté que l’autre, se refusait à accepter la pitié de ces gens. Alors le plus souvent, cet argent finissait dans les mains d’un plus nécessiteux que lui – autant que ça aide quelqu’un qui en avait réellement besoin, non ? Il n’était pas tombé assez bas pour faire la manche ; il était parfaitement valide – en dessus et en dessous de la ceinture – pour exercer n’importe quel travail – tant que ça ne demandait pas des capacités qu’il ne possédait pas.

Nouveau soupir. Le regard perle perdu dans les volutes de fumée du café auquel il n’avait pas encore touché, il accentua le poids de son visage sur sa main, l’air morne. Le travail. L’argent. La manne qui permettait à n’importe quel individu de survivre jusqu’au lendemain, de payer son loyer, sa nourriture, l’eau, le gaz, l’électricité, les vêtements… L’argent. Ce n’était pas vraiment qu’il en manquait actuellement – il pouvait tout à fait se maintenir un train de vie convenable s’il ne faisait pas trop d’excès – mais… Il aurait largement préféré en trouver un peu plus dans sa voie. Enfin… Il n’allait pas se plaindre. Ou alors, juste un peu – après tout, c’était l’une de ses activités préférées ! Un toussotement au-dessus de sa tête lui la fit lever – la jeune serveuse le regardait avec un air sévère, comme on regarderait un enfant pris en flagrant délit d’une bêtise. Il lui adressa un grimace avant de replonger la tête sur son actuel désespoir : ne pas avoir de travail susceptible d’éveiller son intérêt. Les quelques bars où il avait été pour proposer ses services l’avaient tous renvoyer avec un « nous vous contacterons si nous avons besoin de vous, laissez votre carte » tout en sachant parfaitement qu’ils ne contacteraient jamais ce drôle d’énergumène aux cheveux gris. C’était peut-être ça le souci ? Il tira sur les mèches de cheveux qui pendaient devant lui, les regardant d’en dessous – si vraiment on lui tenait rigueur pour une pauvre couleur, c’est qu’on ne pouvait absolument plus rien pour le monde. Il aurait dû naître avec les cheveux noirs, les yeux noirs, le teint pâle et l’attitude hypocrite et policée des japonais – on l’aurait pris au sérieux. Mais un américain au teint légèrement hâlé, aux cheveux gris et à l’exubérance continuelle… C’était foutu. Et en plus, ça lui donnait envie de se faire un japonais.

Encore un soupir. N’importe qui entrant dans le café aurait pu le prendre pour le genre « beau gosse dépressif trop dark de la mort qui tue, qui soupire parce que le cœur de la fille qu’il aime est déjà pris par x personne pour x raison ». Ou alors seulement pour un pauvre pommé qui passait son temps dans ce café parce qu’il n’avait absolument rien d’autre à faire de ses journées – et la seconde version était bien plus plausible que la première. Il passait son temps à se plaindre et à râler après tout et n’importe, un peu comme ces grands-mères qui se chicaner et jaser sur l’un ou l’autre. Râler après le temps, après les gens, après l’argent qui manque, après le travail qui ne lui plaît pas, après le bus qui passe trop tôt ou trop tard… Le syndrome du « jamais content », en fin de compte. On pourrait lui donner les meilleurs choses possibles qu’il ne serait toujours pas satisfait – et le pire était qu’il en était parfaitement conscient. Eternel insatisfait, il préférait pourtant ne pas bouger pour l’instant et laisser le temps filer tout en maugréant parce qu’il estime ne pas en avoir assez – typiquement le genre de personne qui énerverait absolument n’importe qui.

La serveuse posa soudainement l’addition devant lui, croisant les bras en le toisant d’un air peu aimable. Il râla en silence, avala son café froid et grimaça avant de fouiller le fond de ses poches pour trouver de la monnaie qu’il posa sur la table, se montrant radin d’un quelconque pourboire. Après tout, il avait un rendez-vous ce matin. Dans… Il y a trois minutes. Sa grimace s’accentua alors qu’il fourrait ses affaires dans son sac, projetant ce dernier sur son épaule et filant à toute vitesse jusqu’à l’entrée du café pour passer la porte en force, bousculant une cliente et s’excusant à mi-voix. Il avait fait tant d’effort pour décrocher ce rendez-vous ! Il n’avait même plus compté le nombre de sourires qu’il avait dû sortir et le nombre de fois où il avait dû ravaler sa langue – suivant pour la première fois le conseil qu’on lui répétait si souvent, à savoir « ferme là » – pour pouvoir réussir à décrocher ce contrat ! Et voilà qu’il était bêtement, stupidement en retard juste pour avoir passé deux heures à contempler son café et à se morfondre sur sa vie dans un café. Irrécupérable – tout simplement. S’il n’était pas lui-même, il se collerait bien des claques parfois. Ah, il était presque à l’entrée – il voyait la porte du pavillon de style japonais où il était censé avoir sa « réunion » avec son futur patron – ou plutôt ex-futur-patron, vu la situation. Bon, tout allait bien, il avait juste neuf minutes de retard !

Il grimaça à nouveau, s’arrêtant un instant devant une vitrine pour remettre correctement ses fringues en place, rajustant sa chemise et sa veste en tissu noir, tirant sur les passants de son jean pour le remonter un peu et éviter que celui ne dévoile son boxer – d’ailleurs, en avait-il mis un ce matin ? Grande question existentielle. Il glissa ensuite ses doigts dans ses cheveux, les ébouriffant un instant et les remettant en place avec soin avant de se juger satisfait du résultat. Il finit par pousser la porte de l’endroit où il avait rendez-vous, avançant le nez en l’air en contemplant ce qu’il y avait autour de lui et se prenant les pieds dans un tapis qui s’était honteusement glissé devant lui. Il tituba quelques instants avant de récupérer son équilibre, regardant rapidement autour de lui pour voir si personne ne l’avait vu. Une hôtesse aux traits purement asiatiques – allez donc lui demander de différencier un chinois d’un vietnamien ou d’un japonais – se présenta devant lui, en tenue traditionnelle, s’inclinant un instant avant de lui demander de décliner son identité et la raison de sa venue ici. Il eut un léger sourire et un rapide regard de convoitise sur la jeune femme – quoi qu’il fût sûr qu’un spécimen masculin exciterait bien plus son intérêt, pour le coup – avant de prendre la parole.

« Fox Taylor Jones, je suis ici pour une réunion avec messieurs… Messieurs… »

Il commença à bafouiller, se morigénant silencieusement contre son incapacité à garder un truc aussi important en mémoire. Il finit par brandir une copie un peu chiffonnée de son contrat, lisant rapidement l’intitulé avant d’offrir un charmant sourire vaguement gêné à la jeune femme qui le conduisit dans une petite salle où se trouvaient déjà deux hommes. L’américain remercia l’asiatique d’un léger signe de tête avant d’entrer, s’éclaircissant la voix.

« Bonjour messieurs. Veuillez m’excuser de mon retard, mais l’endroit était… Hm, plutôt compliqué à trouver. »

Vive les phrases toutes faites. Fort heureusement, il n’éprouva pas plus de gêne que cela, traversant l’endroit à grandes enjambées et s’asseyant face aux deux hommes, en tailleur et peu soucieux des convenances. Encore heureux qu’il soit un professionnel – ou quelque chose qui s’en rapprochait – dans son domaine, ce qui lui éviterait sans aucun doute d’être immédiatement fichu à la porte. Il avait toujours été quelqu’un de particulièrement chanceux, de son point de vue : la nature l’avait doté d’un physique plutôt agréable, d’une voix exquise et de formidables compétences musicales – mais ça s’arrêtait là. S’il avait été réellement quelqu’un de « chanceux », il n’aurait pas été bêtement en retard pour avoir passé son temps à se lamenter. Aujourd’hui est définitivement un jour sans, songea-t-il en prenant place sous les regards indéchiffrables de ses interlocuteurs.

« C’est… C’est un très bel endroit, n’est-ce-pas ? Très… Reposant, murmura-t-il en se morigénant une nouvelle fois. Voilà quelque chose qui commençait particulièrement bien, hein. Hum… »

Il sortit son contrat, le posant à plat sur la table et prenant quelques instants pour tenter de le défroisser un peu – il n’avait jamais été quelqu’un de particulièrement soigneux, surtout envers ces pauvres feuilles de papier innocente. Oh, et puis que diable. Ça ne lui avait jamais porté préjudice jusqu’ici, pourquoi ça commencerait ? Le renard adressa un sourire chafouin à ses interlocuteurs, s’éclaircissant la voix. Il n’avait plus qu’à miser sur son talent naturel pour se sortir de n’importe quel guêpier, vu comment ça avait commencé.

« Bref. Vous m’avez contacté il y a une semaine via l’un de mes employeurs pour savoir s’il y avait une possibilité de m’employer pour donner un concert à la soirée d’ouverture pour l’inauguration d’un de vos nouveaux bars en ville, un bar destiné… Il jeta un coup d’œil au contrat un peu fripé devant lui. Destiné plutôt aux jeunes, donc, pour leur offrir un endroit où ils pourront se détendre et passer des soirées tranquilles entre amis, si j’ai bien compris. J’ai été faire un tour dans ce coin hier dans l’après-midi et le lieu est très bien choisi, en passant ; le bar à l’air également plutôt invitant. Il regarda à nouveau ses interlocuteurs, se désintéressant du bout de papier. J’ai bien reçu l’exemplaire du contrat. Avant d’accepter et de signer quoi que ce soit, j’aimerais tout d’abord que nous sélectionnons une liste de chansons ou au minimum de genre de musique susceptible d’être interprétées lors de cette soirée, ainsi que les musiciens que vous comptez engager en plus de moi. Il faudrait également que nous rediscutions du salaire proposé – il reste légèrement inférieur à celui offert par n’importe lequel de vos concurrents. Vous comprendrez que dans ces conditions, il m’est difficilement d’accepter cette offre. »

La méthode Fox : noyer son interlocuteur sous une foule d’informations, des utiles et des moins utiles, recouvrant le tout d’un enrobage de quelques compliments pour l’égo. C’était toujours magique, flatter l’égo d’un riche notable – ils aimaient entendre chanter leurs louanges, s’entendre dire que leurs idées étaient les meilleures, etc. Depuis longtemps le rusé renard avait appris à jouer d’hypocrites sourires et de regards matois pour pouvoir parvenir à ses fins – dans le monde rude et toujours compétitif de la musique, il n’y avait pas de place pour les niais et les naïfs. Et même si l’américain n’appartenait à aucun label, même s’il n’était sûrement pas assez doué pour vendre des disques et composer ses propres chansons, son répertoire de reprises et sa voix plus qu’appréciée lui assurait en général une certaine clientèle – le tout était toujours de pouvoir se reconstituer cette clientèle au gré de ses déplacements. Et depuis qu’il avait établi ses quartiers dans la pension Ziegler-Johnson, il peinait à se trouver des contrats, devant jouer avec plusieurs travails pour pouvoir payer le loyer et tout ce qui allait avec. Tiens, il allait d’ailleurs devoir changer bientôt sa chaîne hi-fi… Ah, que de dépenses superflues et pourtant ô combien importantes à ses yeux. Le renard roula un instant des yeux et se gratta le crâne, adressant un nouveau sourire à son peut-être futur employeur qui pourrait éventuellement lui ouvrir les portes vers une nouvelle renommée dans cette petite ville. Ou bien juste le foutre au fond du gouffre et le pousser à déménager encore, vers des lieux moins verdoyants. Dommage, il commençait à s’attacher à cette pension.
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MessageSujet: Re: » Trouve moi un titre ! [PV KIMITSU]   Ven 17 Aoû - 18:34


Tout était important dans la préparation du matin. Kimitsu Tomoshi avait besoin de son petit rituel un peu morne afin de se mettre dans son rôle, d’endosser la tâche qui était la sienne. Non pas que ce fut un métier déplaisant, loin de là d’ailleurs, mais plutôt parce que c’était très important. Malgré sa relative jeunesse, le garçon prenait son emploi dans le salon familial pour primordial. Ceci était en partie dû à une longue éducation en ce sens mais également à sa nature innée pour le respect de la coutume et des traditions. Une valeur qui se perdait chez les jeunes de nos jours. Lorsqu’il pensait ainsi, il avait un peu l’impression d’être un de ses vieux dépassés par leur temps qui ne faisaient que rappeler à quel point l’ancien temps était meilleur et qu’il aurait fallu remettre les jeunes dans le bon ordre et blbalblabla. Ce discours l’ennuyait d’une certaine manière et pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’en constater la véracité. Lui-même estimait d’ailleurs qu’un petit retour aux sources ferait sans doute le plus grand bien à tous ces punks aux mœurs étranges ou ces bandits de grand chemin qui tentait de détrousser les honnêtes gens. Voilà qu’il se mettait à penser comme s’il était concrètement d’un autre siècle, encore quelques heures et il aurait effectué un retour à l’époque pharaonique. Bien qu’il se morigéna parfois de son attitude un peu rétrograde sur certaines choses voire même de sa manière d’envisager les choses, il ne dépréciait pas sa capacité à faire preuve d’une certaine sagesse et de morale. Certes, le jeune japonais ne se jugeait ni mature ni sage parce que cela aurait été à son avis prématuré et présomptueux au vue de sa vingtaine peu entamée mais au minimum un peu raisonnable surtout comparé à certains énergumènes. La journée d’aujourd’hui s’avérait peu chargée hormis pour le salon de thé restauré comme au temps des geishas qui semblait toujours plein à craquer comparé au nombre de séances de cérémonie du thé qu’il pratiquait. Alors comme souvent, presque toujours en réalité, il se retrouvait à enfiler son plus beau kimono pour servir les invités préparant le thé dans un petit coin et l’apportant en personne uniquement à la clientèle aisée qu’on devait nécessairement fidéliser. Même sa petite entreprise n’échappait pas aux lois de la concurrence et de l’offre et la demande. C’était triste de vivre dans un tel siècle où le consumérisme régnait en maitre. Il haussa les épaules impuissant de toute manière à cet état de fait n’étant qu’un grain de sable sur l’océan que constituait le monde se sachant bien incapable de renverser l’économie et la logique des gens de par son seul fait.

Les hommes à convaincre de rester avaient rendez-vous à 17 heures tapantes. Evidemment toute la journée des particuliers et des curieux venaient pour profiter du thé ou même d’un moment de sérénité dans un cadre pour le moins détendant. Certains se permettaient même d’avoir des conversations sur le thé avec le jeune homme, parfois pour se rapprocher de lui, d’autres fois par réelle curiosité. Parler de son art le ravissait même si ce dernier ne parlait de ce qu’il aimait ou détestait, ou même de ce qui avait pu lui arriver. Il avait ce don de converser tout en restant secret sur sa propre existence, ce dernier n’appréciait pas tellement qu’on puisse connaitre des éléments aussi facilement de son intimité. L’âme était son refuge le plus secret et il ne tolérerait pas qu’on puisse tenter de violer son dernier sanctuaire de manière aussi effrontée et impudente. Chaque information devait se mériter ou du moins il estimait qu’il était trop facile de répondre à des gens curieux plutôt que réellement intéressés par l’essence même de ce qu’il était. Le temps passa à une rapidité fulgurante entre rangement des ustensiles, nettoyage pour la nième fois de la petite pièce. Kimitsu ne tolérait effectivement pas du tout la saleté, cela avait le don de l’irriter et de le rendre presque malade. C’était presque compulsif chez lui que d’agresser violemment l’impudente qui osait pénétrer dans son sacrosaint lieu de travail. Presque maniaquement, il avait cette tendance à vérifier également que le travail avait été bien fait et qu’aucune ombre d’un mouton de poussière ne venait bêler pour lui hérisser le poil. Perfectionnisme plus qu’atteint d’un TOC cependant, le garçon avait pour coutume d’être dur avec lui, alors pourquoi ne pas imposer ses standards aux autres. Après tout, n’étaient-ils pas satisfaits de constater que le travail avait été bien fait et que tout brillait dans l’endroit, de même n’existait-il pas une petite étincelle de joie dans le bonheur d’avoir accompli à la perfection une tâche. Le jeune Tomoshi du moins était convaincue que pareille chose se déroulait ainsi et non pas autrement sinon où allait le monde. L’ordre avait certainement besoin de chaos mais ce dernier ne passerait pas dans la petite maison du thé si durement acquise et tellement choyée par toute sa famille. Il le jurait sur la tombe de ses ancêtres aussi impolis cela fut-il de prime abord.

Son kimino bleu nuit bougeait aux rythmes de ses allez et venus avec douceur et grâce. Même s’il était efficace, tout se faisait dans la délicatesse avec lui. La pondération permettait selon lui de contrôler et de réfléchir à ce qu’on allait dire ou faire afin de ne pas commettre d’impairs et donc d’éviter de se retrouver dans une fâcheuse position. C’est dans cet état d’esprit qu’il salua en s’inclinant les hauts fonctionnaires qui venaient de faire leur entrée et s’installaient déjà dans la petite alcôve qui leur était réservée. Tout avait été fait pour conserver le calme le plus absolue, ainsi en plus de la salle un peu plus grande où on l’on pouvait profiter d’un peu de convivialité à condition de rester calme, se trouvaient des salles plus petites et intimistes un peu à l’écart pour éviter que les bruits ne percent et qui permettaient une véritable réalisation d’une cérémonie du thé dans les formes. Lorsque celles-ci n’étaient pas utilisées à cette usage, elle permettait en plus d’accueillir les gens qui y mettaient le prix pour pouvoir faire leur rendez-vous au calme. Les hommes tous habillés en costume venaient tout juste de s’installer et la jeune hôtesse qui s’occupait d’eux verser déjà le thé sous les petites blagues presque retenues que se permettaient ces derniers entre eux. Rapidement, il parut évident que ceux-ci habitués à être ponctuels patientaient pour un tiers qui manifestement ne comprenait pas que l’heure c’était l’heure. L’un d’entre eux lança, déjà trois minutes de retard tandis que celui à sa gauche tentait de le pondérer expliquant que les artistes sont toujours un peu frivoles et parfois difficiles à canaliser. L’autre répliqua qu’artiste ou pas, en tous les cas, c’était son travail que d’être à l’heure pour ce qui lui permettait de manger à sa fin. L’homme restait dans son silence habituel pour écouter la conversation et constata l’irritation croître lorsqu’il entendit pester un presque dix minutes de retard au moment où un énergumène atypique faisait une entrée peu discrète dans la salle.

Une pensée cynique vint à l’esprit du garçon qui observait un grand jeune homme de type occidental avec des cheveux gris arriver en se confondant en excuses. Difficiles à trouver hein ? Les gens qui justifiaient leur retard semblaient à son avis encore plus pathétiques quand il lançait une remarque qui était d’une platitude affligeante. D’autant plus que cet endroit était régulièrement choisi pour sa simplicité d’accès et naturellement pour le cadre. Enfin, juger les gens sans les connaitre n’était pas nécessairement une chose bénéfique alors il s’abstient de continuer et de critiquer le look négligé et l’air peu soigné qu’affichait le garçon. Cela aurait été comméré. A bien y réfléchir, sa tête lui disait clairement quelque chose. Naturellement, cela ne pouvait pas être un client parce qu’il n’en oubliait jamais un seul, question d’habitude. Où donc avait-il bien pu apercevoir cette tignasse grise pour le moins reconnaissable ? La question le turlupina alors que la jeune femme actuellement en formation s’occupait de tout sous son œil de superviseur qui restait le plus silencieux et le plus discret possible. Quoiqu’il en soit, ce dernier paraissait perdu et relativement tendu. D’ailleurs, il débita la seconde d’après une quantité d’informations dont la substance semblait un peu difficile à comprendre en entier car la personne n’articulait en plus que très modérément. De toute manière que pouvait-on attendre de mieux qu’un homme qui tente de passer un contrat habillé et coiffé comme l’as de pique et qui donne l’impression d’à peine savoir où il se trouve ? Sans doute pas grand-chose et ce bien que ses remarques ne manquaient pas d’une certaine réflexion quand on prenait le temps de décortiquer ce qu’il se disait. Néanmoins, il trouva tactiquement un peu dommage que de parler de son revenu en dernier. C’était très indélicat à son avis déjà de le faire, mais alors de terminer sur cette phrase alors qu’on avait l’outrecuidance d’arriver en retard, cela franchissait un palier d’un tout autre niveau.

Le meeting se continua sans que le jeune homme y porte une réelle attention parce qu’on ne le sollicitait pas et que cela devait sans doute rester dans une sorte de confidence et ce bien que visiblement on disserta chansons. La musique actuelle n’était pas ce qu’il préférait, en réalité il appréciait que modérément la musique en dehors de la musique traditionnelle chinoise et japonaise. Peut-être quelques chants spirituels aussi mais rien de très ordinaire ni même récent en tous les cas. D’ailleurs, il le constatait en écoutant des bribes de conversation, aucun des titres donnés ne lui semblaient familiers. Devait-il s’intéresser un peu plus et creuser le sujet quitte à supporter pendant des heures une musique qui n’entrait pas dans son registre ? Il y réfléchirait plus tard car il devait se porter au secours de la jeune femme qui peinait à servir les hommes qui demandaient quasiment en même temps du thé. Lentement, glissant d’une démarche de chat, il se pencha pour se retrouver à servir l’homme dont les yeux gris le figèrent un instant lorsqu’il les rencontra. Un vague frisson courut le long de son échine alors qu’il tentait de garder contenance. L’habitude de garder un visage neutre et des mains fermes quoi qu’il arrive lui permirent de rester maitre de sa théière. Un soupir de soulagement fendit malgré tout ses lèvres mais il demeurait assez discret pour qu’on ne l’interroge pas sur le sujet. Intérieurement, il grimaça de constater que le garçon lui plaisait. Son penchant homosexuel aurait été très mal vu au Japon, nul doute qu’il l’aurait bridé mais dans sa famille relativement ouverte et en Angleterre, le soucis était moindre. Cela lui avait permis de découvrir sa sexualité mais il fut choqué à l’idée de constater que cette personne qui paraissait n’avoir rien à voir avec lui pouvait lui sembler attirante. Pourtant, il n’ignorait pas la maxime qui dit que les opposés s’attirent. Le fait que le garçon lui plaise était assez rare pour être signalé. D’un autre côté, c’était un client et un de ceux qui lui semblait un peu rustre et mal élevé. D’habitude cela suffisait à le repousser et à lui rappeler de quel côté de la barrière il se trouvait mais à chaque fois que son côté rationnel tentait de reprendre le dessus, les yeux gris le transperçaient de nouveau pour venir l’assaillir de doute et le convaincre dans l’autre sens de tenter sa chance. C’était quelqu’un de réfléchi dans l’ensemble mais cette petite étincelle de folie venait de se réveiller pour cet inconnu qui n’aurait pas du l’intéresser. Dans un autre sens, il ne pouvait pas attendre que son alter ego se ramène rien qu’à cause de la rareté de son métier et de la passion pour le thé des jeunes de cette époque. Après un long temps de réunion, il fut l’heure pour les hommes de repartir chacun de leur côté. Patientant un peu, il constata que pendant que la jeune femme raccompagnait les deux hommes, il se trouvait face à face avec l’homme qui faisait flancher ses habitudes casanières. Finalement, les mots décidèrent d’eux-mêmes de s’échapper de sa bouche.

- Je sais que cela peut paraitre étrange voire même inopportun mais j’ai l’impression de vous avoir déjà croisé quelque part. Ne prenez pas cela pour une manière de vous courtiser ou autre, même si pensa-t-il cela aurait pu l’être vu sa nature à ne pas communiquer ouvertement et qu’il bouillait d’envie qu’on lui propose un peu de folie pour ce soir, mais vous n’habiteriez pas dans les environs par exemple ? Peut-être vous-ais-je croisé récemment.

Son langage lui parut à lui-même décaler et dépité, il se dit qu’on pouvait difficilement changer ce qu’on était. Son attitude et sa profession ferait sans doute fuir à toute jambe le garçon qui avait le type même de ceux qu’on ne voit qu’une fois et qui ne cherche pas la complication. Or dans son petit costume et avec son langage perlé, il faisait tout sauf simple le petit kimitsu. Peut-être plus encore parce que derrière tout ça se cachait une petite collégienne qui tentait discrètement de se faire inviter par son béguin du moment. Ha, la vie est dure parfois. Pauvre Kimitsu !
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MessageSujet: Re: » Trouve moi un titre ! [PV KIMITSU]   Sam 25 Aoû - 14:35

La politesse aurait sans aucun doute voulu qu’il prête une attention constante et parfaitement égale à ses interlocuteurs. D’ailleurs, il l’aurait fait sans aucun doute possible s’il n’avait pas eu une distraction qui se baladait sous ses yeux. Désirable éphèbe dont la taille gracieuse et fine n’était que soulignée la qualité de la soyeuse étoffe qu’il portait, les yeux perle ne pouvaient s’empêcher de scruter chaque mouvement que le garçon faisait. Il était magnifique – et japonais. L’envie de le croquer à l’instant le prit par surprise, mais il se morigéna – il n’allait tout de même pas lui sauter dessus pour rouler sous la table avec, quoi que la tentation était forte. Prenant conscience que bave sur un serveur n’était pas du tout le genre d’attitude qu’on attendait de lui en cet instant – même s’il était prêt à leur offrir en bonus, sans aucune difficulté – il reposa son attention sur ses interlocuteurs. Où en était-on ? Ah, oui. Ils essayaient de se dépêtrer du flot de parole que l’américain avait lancé sur eux – et ils étaient désormais appâtés – après tout, le plus dur dans tout ça, c’était d’obtenir des négociations. En les manipulant convenablement, il n’était pas difficile d’obtenir ce que l’on voulait, mais il fallait déjà atteindre l’étape des négociations, qui n’était pas envisageable quand les autres restaient bloqués sur un « non » définitif. Il avait donc passé une étape – la plus dure, sans aucun doute. Le seul inconvénient, c’était l’ordre dans lequel il avait balancé ses phrases – si dans sa tête tout était absolument bien ordonné, sa bouche n’était définitivement pas d’accord pour tout sortir dans le bon ordre. C’était à cause de ces fichus asiatiques – la fille de l’entrée, puis le serveur. Avec leurs airs policés et délicats, leurs traits fins et leurs foutus yeux sombres, il avait totalement perdu le fil de sa pensée si structurée d’habitude.

Le sujet passa sur les chansons – enfin un domaine où il était bon. Se redressant – signe non discutable de sa soudaine attention – il se pencha sur la liste qui lui était fournie, la lisant en hochant parfois la tête, raturant parfois quelques chansons pour en ajouter d’autres à la place. Après tout, c’était lui le spécialiste de la musique, des jeunes et de la musique des jeunes. Du coin de l’œil, l’asiatique qu’il n’avait pas cessé de stalker jusque-là se porta au secours de sa condisciple – et il put définir, maintenant qu’ils étaient côte à côte, qui lui plaisait le plus. Le garçon sans aucun doute – il avait beau être un homme, ses gestes gracieux et élégants excitaient étrangement le prédateur – ou plutôt l’obsédé – qui nichait au creux du renard. Il put toutefois goûter à la satisfaction de croiser son regard tandis qu’il le servait – et tandis qu’il levait les yeux vers les perles d’obsidiennes, il sentit son ventre se contracter. S’il s’était écouté, il aurait glissé ses doigts sur sa nuque et l’aurait tiré sur ses genoux pour lui faire subir mille tortures plus délicieuses les unes que les autres. Sauf que. Sauf qu’ils n’étaient pas seuls et qu’il avait quand même un minimum de contrôle. Ce type… Il était absolument et totalement à son goût. Ses manières dignes et élégantes, son air si neutre qu’il prendrait un plaisir incommensurable à lui faire perdre… Le renard se mordilla la langue – c’était comme voir une friandise se dandiner devant lui avec une pancarte « pas touche ». Ou une cafetière trop loin de lui alors qu’il avait la flemme de bouger, aussi. Décollant ses yeux de la friandise humaine, il se reconcentra avec énormément de difficultés sur ce qu’il faisait – que faisait-il, déjà ? Ah, oui, obtenir un foutu contrat pour payer son foutu loyer et ne pas finir à la rue.

Dans l’ensemble, la réunion se passa plus rapidement que le renard ne l’avait escompté – sa manie de paraphraser pour embrouiller les gens semblait toujours aussi bien marcher et il avait obtenu un salaire plus correct et une liste de chansons potables. Il avait même réussi à avoir le nom et l’adresse des musiciens qui l’accompagnerait – très important ça, imaginez jouer avec quelqu’un que vous détestez ! Comment produire de la bonne musique, dans ce cas ? Bon, il voulait également jeter un coup d’œil sur eux mais… En toute honnêteté, hein. Rien de répréhensible. Ses interlocuteurs finirent par enfin se lever, payant les consommations et laissant le renard avec sa tasse de thé pas encore finie et ses papiers. Il grimaça en regardant son unique compagne – n’en déplaise à cette dernière, il préférait vraiment son café. Noir, avec cette crémeuse couleur pâle et ces grands yeux veloutés… Non, ça c’était son serveur. Qui d’ailleurs venait de se poster en face de lui et qui semblait le bouffer des yeux. Ouais, il était irrésistible, il le savait. Est-ce qu’il pouvait maintenant rouler sous la table avec son serveur ? C’était permis ? Soudainement rasséréné, le renard se redressa avec une ébauche de sourire dragueur aux lèvres, s’apprêtant à balancer on ne sait quelle connerie mais qui contenait assurément les mots « chambre », « lit » et « baise ». Heureusement pour le peu de bonne image qu’il avait, l’asiatique fut plus rapide et le prit de court – alors que lui aurait aimé le prendre tout court. Foutu cerveau. Alors, résumons. Visiblement, ce charmant asiatique avait l’impression de l’avoir déjà croisé quelque part et il ne devait pas prendre cela pour une… « manière de [le] courtiser ». Génial, pourtant, il aurait parié là-dessus ! Rangeant ses envies obscènes dans un coin de sa tête pour le moment, l’américain le regarda avec un léger sourire en coin, le dévisageant un moment.

« J’peux vous assurer que si j’vous avais déjà croisé, j’m’en souviendrais. »

Et il était absolument certain de n’avoir jamais croisé ce type si sexy en kimono et au langage si… Poli. C’était même tout le contraire de ce qu’il fréquentait d’habitude – allant vers les gens qui lui ressemblait par nature, l’américain faisait absolument tout pour ne pas se compliquer la vie, préférant les relations simples et sans lendemain, dont le début et la fin étaient clairement établis aux aléas des relations compliqués et tumultueuses – et n’en déplaise à ce bel asiatique… Il ne se voyait plus lui demander de rouler sous la table, maintenant qu’il avait ouvert la bouche. Quoi que faire des trucs obscènes avec un type aussi poli serait sans aucun doute une expérience assez exotique… Aaah, cruelle vie. Lui mettre la tentation incarnée juste sous les yeux et lui foutre une morale à deux balles dans la tête, c’était vraiment la pire des combinaisons. L’image de la friandise dansa un instant devant ses yeux tandis qu’il le dévisageait assez lourdement, ses yeux retraçant sans gêne la finesse du visage, la courbe sèche de son menton, la courbure délicate de ses lèvres, ses yeux sombres… Pire qu’une friandise. C’était carrément le thermos de café qu’on lui agitait sous les yeux alors qu’une glace l’en séparait.

« Par contre, si vous sortez l’soir parfois, vous m’avez p’t’être déjà croisé dans des bars. J’ai… Je… Il agita la main, comme si ce n’était pas important – alors qu’en fait, il était foutrement fier déjà de pouvoir jouer dans des bars miteux contre une rémunération. Parce qu’il était payé pour ça et que… Euh, eh bien, c’était bien le plus important, n’est-ce-pas ? Je joue dans des bars, quelques soirs par semaine, histoire de pouvoir survivre. Les contrats comme aujourd’hui sont assez rares. Hm… »

Et il avait encore trop parlé, divergent sur quelque chose qui ne concernait et n’intéressait probablement pas son interlocuteur. C’était vraiment une habitude à perdre – quand il était en négociation, ça passait en général, mais dans des vraies discussions, c’était déjà un peu plus agaçant. Ou alors il devrait se mordre la langue quand il sentait qu’il parlait trop. Ouais, se mordre la langue, c’était une bonne idée. Fort de cette nouvelle résolution, le renard se mordit la langue par prévention et manqua de s’étouffer parce que, eh bien, bordel, personne ne l’avait prévenu et ne lui avait dit que ça faisait aussi mal ! Saisissant sa tasse, il en but une grande gorgée, espérant apaiser un peu la douleur. Geste totalement inutile, mais qui eut au moins le mérite de lui faire vider sa tasse de thé. Il se retrouva donc la tasse dans une main, les lèvres pincées et l’air totalement abruti devant l’asiatique qu’il aurait bien aimé mettre dans son lit. Avoir l’air aussi con n’était absolument pas dans ses plans – qu’avait-il fait au ciel pour mériter ça ? Repassant en boucle les moments marquants de sa vie, l’américain consentit au fait qu’effectivement, il avait peut-être mérité, juste un peu, ce qui lui arrivait. Mais vraiment un peu. Reposant sa tasse de thé comme si tout était parfaitement normal et qu’il n’avait pas eu l’air d’un bel imbécile juste avant, il adressa un léger sourire à l’asiatique, rangeant très posément ses affaires – comprenez, saisissait les feuilles et les fourrait dans son sac sous la table de manière à ce que l’autre ne le voit pas.

« D’ailleurs, si l’envie vous en dit, venez d’main soir à… Il attrapa un stylo et une feuille vierge, inscrivant une adresse dessus qu’il fit glisser vers l’autre avec un clin d’œil, rangeant ensuite son stylo. Cette adresse. J’vais y jouer une partie d’la soirée d’inauguration. »

Il retenait à moitié son souffle, guettant les moindres réactions de son interlocuteur.
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